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Cycle national 2017-2018

Session 4 : L’inconnu

Toulouse • 05-08 décembre 2017

Une plongée dans l’inconnu au cœur des dynamiques scientifiques occitanes

orientations générales

L’inconnu est à la fois une raison et un horizon de l’activité scientifique. En produisant des connaissances et des procédures défaisant les inconnus, la science est également génératrice de nouveaux inconnus. C’est sans doute dans les domaines des mathématiques, avec l’invention du “X”, et sa façon d’ouvrir les raisonnements ou de la physique, qui fait percevoir les frontières de connaissances, que l’on discerne mieux ces deux mouvements. L’économie, les sciences humaines et sociales, elles aussi, traitent d’inconnus et en dévoilent de nouveaux. Dans l’inconnu, « le raisonnement est autre, il n’a pas les mêmes propriétés, il s’appuie sur l’organisation collective », constate un auditeur de ce cycle. Entrer dans la vie des laboratoires, se familiariser avec les particularités des activités scientifiques et leurs variétés selon les disciplines, donne à percevoir l’ampleur et la précision des connaissances, et aussi à constater que ce qui est considéré comme durablement robuste ne pourrait représenter finalement que bien peu de ce qu’il reste à connaître. Est-ce là le « vertige de l’inconnu » ?

Pour l’expérimenter, nous avons choisi d’organiser notre session régionale en Occitanie. Cette région génère la plus grande croissance économique à l’échelle de l’Hexagone, elle est leader en matière d’effort de R&D (3,7% du PIB), de production d’énergies renouvelables (près de 50% de la consommation régionale d’électricité) et de taux de création d’entreprises (15,2%).
Quels sont les ressorts de ce dynamisme ? L’Occitanie est devenue la région la plus attractive pour les étudiants. Elle mise ostensiblement sur l’enseignement supérieur et la recherche comme vecteur de ses ambitions en termes d’emplois et de transition énergétique. Et pourtant, quelle gageure que de déployer une stratégie globale, sur un territoire marqué par de fortes disparités entre les deux métropoles que sont Toulouse et Montpellier, les villes qui comptent d’autres sites universitaires et les territoires ruraux.
Nous nous concentrerons sur Toulouse, ville creuset de recherches sur l’espace, l’économie, la santé, l’agroalimentaire, reconnues mondialement, ville qui cultive la culture scientifique, avec son Muséum fondé en 1865, qui a bravé les inconnus en se refondant de fond en comble de 1998 à 2008, sa Cité de l’Espace qui fête son vingtième anniversaire, et son Quai des savoirs. Ville européenne de la science en 2018, Toulouse accueillera en juillet la 8e édition d’ESOF (EuroScience Open Forum), la plus grande rencontre interdisciplinaire sur la science et l’innovation en Europe. Dans cette ville à l’écosystème recherche-formation-innovation particulièrement dense, la communauté d’universités, après avoir été sélectionnée pour l’Initiative d’excellence (Idex) du 1er plan d’investissement d’avenir, se l’est vue retirée à l’issue de sa période probatoire en 2016. Elle est partie en “mode commando”1 à la reconquête de l’Idex, notre session se déroulera juste après que le dossier ait été redéposé. Oui, décidément, Toulouse est la ville où expérimenter le vertige de l’inconnu et ses effets de rebonds.

Muriel MAMBRINI-DOUDET
directrice de l’IHEST

1. Selon les termes de Philippe Raimbault, président de l’Université Fédérale de Toulouse, dans l’interview qu’il a accordée à NewsTank le 6 juillet 2017

Publié le mercredi 7 février 2018