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Editorial

La promesse de progrès doit s’adresser à tous les citoyens

Le 7 juin 2018 s’est officiellement achevé le 12e cycle national de formation de l’IHEST. La cérémonie, qui marque la clôture du cycle, donne à voir les réflexions conduites par les auditeurs tout au long d’une année au cours de laquelle, Muriel Mambrini-Doudet, directrice de l’IHEST, l’a rappelé « nous avons proposé aux auditeurs successivement de distinguer l’incertain de l’inconnu, de revisiter les modes d’estimation du risque en considérant en particulier le risque perçu. Nous leur avons proposé de poser un regard critique sur les méthodes de prospective, de considérer, avec les auditeurs de l’IHEDN, la face aimable de l’erreur. Notre voyage au Portugal, nous aura permis d’explorer ce qui fonde les décisions d’innover et ç’aura été une belle leçon de politique ; celui que nous avons fait au Chili nous aura montré ce que signifie méconnaître, y compris lorsque nous avons regardé la voie lactée, et l’envie d’exploration et de créativité que cela emporte.

Au début de ce cycle nous annoncions que la formation permet de passer de la maîtrise du sujet à la construction d’une intelligence et d’une confiance collective où on se saisit solidairement des potentialités de l’inconnu sans craindre les risques de l’incertain, il me semble que vous avez prouvé que vous aviez apprécié de le faire. »

La cérémonie aura aussi été l’occasion pour les représentants du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de souligner les attentes du ministère à l’égard de l’Institut et de son réseau d’auditeurs.

Avec la promotion Jeanne Barret, 2017-2018, ce réseau a franchi un cap symbolique avec désormais un total de 514 anciens auditeurs du cycle national de formation de l’IHEST. « Un réseau indissociable de l’Institut » pour son président Antoine Petit, président directeur général du CNRS et lui-même ancien auditeur du cycle national, 2007-2008. « Il n’y a pas d’un côté l’IHEST et de l’autre l’association des auditeurs de l’IHEST, explique-t-il, de même qu’il n’y a pas d’un côté la science et de l’autre la société »

L’importance de ce réseau a également été soulignée en début de journée par Alain Beretz, directeur général de la recherche et de l’innovation. « L’un des atouts de l’IHEST a-t-il précisé, réside dans la constitution d’un groupe qui, par nature hétérogène en début d’année, trouve progressivement une forme d’homogénéité de convictions. »
« Mon vœux pour l’IHEST serait que son recrutement soit toujours plus ouvert, que ses promotions soient toujours plus diverses. » a encore précisé Philippe Baptiste, directeur de cabinet qui s’exprimait pour Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

« La promesse de progrès doit s’adresser à tous les citoyens. Vous avez les savoirs, l’enthousiasme et le réseau pour aider à gagner la confiance de la société et à ouvrir nos organisations de recherche et nos universités à la Cité. Nous pouvons par des efforts et attentions mutuelles inscrire le savoir au cœur de la résolution de grands défis sociétaux, inciter à ce qu’il étaye mieux la décision politique. Nous pouvons également en faire usage dans le cadre de nouvelles formes de solidarités locales comme internationales. Il s’agit de vouloir penser, chercher, innover et agir ensemble. En tant qu’auditeur de l’IHEST, penser avec des femmes et des hommes de mondes différents ne vous inquiète plus. Vous avez acquis depuis longtemps la capacité de vous appuyer sur vos connaissances et sur votre créativité collective. Vous avez le goût d’agir au-delà de vos enjeux immédiats. Tout cela participe à une belle puissance démocratique et je dirais aussi éthique. » a ajouté Philippe Baptiste, invitant les auditeurs à « étoffer des propositions pour les prochains mois ou les prochaines années » afin que le progrès ne fasse pas « l’économie des conséquences morales et sociales de son développement ».

« Nous avons la conviction au ministère, a aussi affirmé Alain Beretz, que notre mission est d’être un ministère stratégique, de prospective, et non pas une officine de contrôle. Or vos rapports d’étonnement peuvent nous aider dans cette démarche. Nous devons voir comment, dans notre travail prospectif, nous pouvons associer les acteurs institutionnels, mais également vous associer pour disposer de réflexions construites autour des éléments du débat. »
« Si je devais rappeler les fondamentaux de votre Institut, je dirais que l’ambition est vraiment de faire de l’interface pour remettre la science au cœur du dispositif de l’Etat, voire de la société. ». Et Alain Beretz d’inviter les auditeurs à solliciter le ministère : « notre défi, une fois ce cycle terminé, est de faire fructifier cet investissement de tous. Nous sommes donc à votre écoute concernant les outils de cette fructification. »

Enfin, chaque auditeur doit aussi faire preuve de conviction dans son administration ou son entreprise car « Il est important que les grands acteurs de la recherche, mais aussi de notre société en général aient présent à l’esprit et dans leur agenda d’envoyer leurs futurs cadres à l’IHEST pour asseoir cette présence de la science dans notre société. »
« Le ministère compte sur vous, a conclu Philippe Baptiste, pour devenir de véritables relais entre les scientifiques, les personnes dans les laboratoires, dans les universités, dans les centres de recherche et dans la société. Ce rôle est absolument clé et nous croyons sincèrement que l’IHEST peut y contribuer très significativement. »

Publié le lundi 25 juin 2018