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La fabrique du débat public

Une expérimentation franco-belge

Présentation de l’Université d’été 2017

Le débat public en question

Le débat est, en démocratie, un processus central de l’élaboration de la décision. Il repose sur des mécanismes de traduction, de transmission, de circulation des connaissances et des savoirs qui le nourrissent. Toutefois, bien que les dispositifs répondent à cet impératif, il n’est pas rare de voir le débat s’enliser. Il peine alors à orienter la construction de la décision et lève un voile de doute qui s’étend sur l’activité scientifique, comme sur la responsabilité du politique à conduire l’action publique. Alors que les occasions de débattre, en régime démocratique, s’accroissent avec la production des connaissances et la répartition des savoirs, force est de constater que la mémoire collective retient mieux les débats qui s’enlisent que les débats réussis – tant le fait d’éclairer la décision semble laisser peu de trace. Le débat peut donc être efficace localement et brouillé dans l’espace public où les enjeux et les sources d’influence s’entremêlent, où la demande politique pèse, où les connaissances scientifiques et la recherche du bien commun peinent à faire entendre leur logique.

Le prisme franco-belge

Chaque pays dispose de son propre “savoir débattre”, diversifié autant que réparti dans les arènes ou les cénacles qui règlent la vie de la Cité. Chacun adopte une formule qui, bien qu’observable et grandement auscultée sous ses dimensions culturelles, politiques, réglementaires et contextuelles, ne s’explique ou ne se transfère que partiellement. Comment expliquer que des pays aussi proches géographiquement et culturellement que la France et la Belgique présentent, sur nombre de sujets, des disparités si fortes en termes de législations ? Comment rendre compte de ces contrastes dans le passage du débat à la décision ? Autant de questions à l’origine de la décision d’organiser en Belgique cette première université d’été.

Méthode

Lorsque le débat achoppe, est-ce sa formule qui doit être renouvelée ? Conscients de l’enjeu de cette question, l’IHEST et ses partenaires ont tenté, dans le cadre de cette rencontre, de faire un usage inédit de la démarche scientifique pour, à travers des sommes de connaissances, expériences, savoir-faire et nouvelles interrogations, enrichir la fabrique du débat public. Concrètement, au cours de ces quatre jours d’université d’été, les échanges se sont organisés autour de trois temps de conférences sur les problématiques de la nature du débat, de la parole et de l’écoute ; de temps en « laboratoires » communs autour de trois questions faisant débat ; de temps de retours d’expériences.

Les laboratoires

Ils ont traité successivement les questions :

• Quand et sous quelle forme le citoyen s’implique-t-il dans la conception de son espace public ? (Laboratoire 1)

• Quel éclairage le débat donne-t-il aux formes de régulation de l’euthanasie ? (Laboratoire 2)

• Le vote, en tant qu’instrument de la démocratie, doit-il être rendu obligatoire ? (Laboratoire 3)

La formulation de ces questions résulte de l’important travail réalisé en amont par le conseil scientifique de l’université d’été. Au sein de chaque laboratoire :

  • la connaissance scientifique est mobilisée de manière très différente
  • les questions se situent respectivement dans l’espace intime, l’espace public, l’espace politique qui, lorsqu’il y a débat, deviennent plus ou moins poreuses,
  • les questions sont abordées de manière comparative entre France et Belgique.

L’organisation concrète des débats au sein des laboratoires a été confiée à trois « directeurs de laboratoires » distincts.

Attendus

Avec ces trois types de séquences, le paysage de connaissances fondamentales, l’expérience au cœur du débat et l’analyse collective ; avec ses trois objets de débat formant un « tout », la Fabrique du débat public a proposé aux participants un cadre mettant à distance les postures d’autorité et favorables aux échanges pratiques et à une immersion ressourçante dans le débat. Les laboratoires ont mis en valeur les savoir faire, savoir mettre en débat, ouvrir et alimenter des débats de tous ordres. Ils ont souligné le savoir libérer le débat,c’est-à-dire savoir qu’un débat est arrivé à son terme sans nécessairement qu’un consensus soit atteint.

Publié le lundi 6 août 2018,
mis à jour le mardi 7 août 2018