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Cycle national 2016-2017

Session 8 : Les communs au Japon, quelles innovations ?

Le Japon, seconde puissance mondiale dans les années 1990, suscite nombre d’interrogations à la fois géopolitique, économique, mais aussi sur son modèle social. Grande puissance technologique, il a su cultiver l’innovation tout au long de son ascension après les années 1950. C’est tout un ensemble de coordinations qui a assuré ses succès industriels. Cependant depuis les années 1980, le Japon a commencé à déréguler ce qui faisait sa force. Ses valeurs, sa cohésion sociale, son modèle éducatif
et les solidarités intergénérationnelles semblent atteintes. Les japonais partagent-ils toujours la même vision de l’avenir ?

Au nombre des particularités qui façonnent la culture japonaise, on compte l’impérieuse nécessité de raisonner les ressources naturelles et l’occurrence de catastrophes de toutes natures qui fondent la résilience de sa population. Aujourd’hui le Japon est confronté à un certain nombre de défis. De nombreux signes indiquent qu’ils interpellent son mode de développement, sa qualité de vie, les liens sociaux, son identité profonde. Citons les constats du vieillissement de la population, de l’appauvrissement et la précarité croissante de sa population, les fractures territoriales entre des mégalopoles qui concentrent la richesse et une ruralité problématique, la perte de sens des générations montantes. L’approvisionnement en ressources vitales, telles l’alimentation et l’énergie, redevient problématique.

Face à cet ensemble de défis, comment le Japon mobilise-t-il ses forces d’innovation ? Est-ce la même recette que celle qui fit le succès de son développement dans les années 1980 ? Quelle est au Japon aujourd’hui la valeur des sciences, des technologies, la connaissance est-elle un des biens communs ?

Depuis 1995, le système recherche-enseignement supérieur-innovation a été profondément transformé. Les réformes ont touché la gouvernance, soutenu la décentralisation, modifié la politique de propriété intellectuelle. Ces réformes en apparence s’alignent sur le modèle anglo-saxon, mais il semble bien qu’il y ait une façon toute japonaise de l’interpréter. Le Japon est-il en train de développer, à nouveau, un modèle bien à lui d’innovation technologique ?

Seule l’étude de cas sur place, la considération des lieux et de l’organisation effective des acteurs, permet de percevoir les changements culturels en cours et ainsi d’apporter des éclairages pertinents aux questions que soulève le modèle japonais.

Muriel MAMBRINI-DOUDET
Directrice de l’IHEST

Lundi 3 avril 2017

ELEMENTS DE CONTEXTE ET PANORAMA DES RELATIONS FRANCO-JAPONAISES

Le Japon, deuxième puissance économique du monde dans les années 1980 a subi, lors des années 1990, une crise financière qui a engendré ce que l’on a appelé les « 10 années perdues ». Pour surmonter cette crise, les gouvernements ont voulu réformer le pays en dérégulant « le modèle japonais », pour le conformer au standard économique et social anglo-saxon. Ainsi l’économie, l’éducation, la recherche et l’enseignement supérieur, le modèle social ont été profondément transformés. Cette matinée est organisée en étroite collaboration avec l’ambassade de France au Japon et particulièrement le service pour la science et la technologie. Au travers des présentations les auditeurs pourront apréhender l’état actuel du Japon, l’efficacité des réformes entreprises et les nouveaux modes de régulation, ou leur restauration, qui sont à l’œuvre et conditionnent le vivre ensemble japonais. Cette matinée permettra de mettre en lumière les grandes tendances et d’acquérir des clés de lectures, quelques repères et données essentielles à une meilleure appréhension individuelle et collective des particularités de la culture et de l’organisation sociale du Japon et ainsi de placer en contexte les discours, postures, initiatives, programmes et projets qui seront présentés tout au long de la semaine.

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, RECHERCHE ET INNOVATION : STRUCTURES, PROGRAMMES ET POLITIQUES GOUVERNEMENTALES

Les rencontres avec les représentants du Conseil pour la science, la technologie et l’innovation (CSTI) et des institutions gouvernementales visent à découvrir comment le Japon souhaite s’appuyer sur les sciences et les technologies pour revitaliser son économie, comme il l’a toujours fait par le passé, même en temps de crise. En 2016, le 5e plan quinquennal pour la science et la technologie est entré en vigueur. Cette visite a pour objectif de saisir les mécanismes d’élaboration et de mise en œuvre de ce plan –qui découle de la stratégie de revitalisation– mais surtout les grands enjeux sociaux et économiques qui en ont déterminé les grands axes. Les notions de bien commun et de valeur de la connaissance, de la science et de la technologie semblent sous-tendre les grandes politiques publiques japonaises en matière de recherche et d’innovation. Ainsi le 5e plan quinquennal a-t-il, entre autres, pour priorité « d’assurer la sécurité pour la nation et ses citoyens ainsi que de bonnes conditions de vie » et « d’assurer la création durable de biens intellectuels »1. Quels biens communs ces stratégies et politiques visent-elles à préserver ou renforcer ? Sur quelles valeurs sont-elles fondées ? sont les questions qui nous animent particulièrement. La notion de bien commun contient intrinsèquement l’idée de partage. Une des grandes priorités du gouvernement serait de décloisonner les institutions et les communautés d’acteurs de la recherche et de l’innovation. Quels sont les leviers –notamment les modes de financement et d’évaluation de le recherche– de cette politique ? Autour de quels enjeux sociaux-économiques sont-ils développés ? Comment ces politiques sont-elles mises en œuvre dans les territoires en relation avec leurs ressources et problématiques spécifiques ? Ces échanges devraient permettre d’illustrer les liens très particuliers qui existent au Japon entre valeur économique et valeur sociale, les deux notions semblant toujours entremêlées, en tous les cas n’apparaissant jamais séparées lorsqu’il s’agit de politique en matière de recherche et d’innovation.

Mardi 4 avril 2017

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET RECHERCHE : QUELS ENJEUX POUR UNE GRANDE UNIVERSITE JAPONAISE AUJOURD’HUI ?

L’université de Tokyo est l’université japonaise la mieux placée dans les classements nationaux et internationaux. Grande université publique de recherche pluridisciplinaire, elle forme chaque année près de 28 000 étudiants dont environ 3 000 étudiants étrangers. Lors de cette journée passée sur deux des campus de cette grande université, il s’agira tout d’abord de comprendre les modes de gouvernance de l’université et son organisation tout en s’intéressant aux valeurs et à la vision de la société comme de la connaissance qui portent sa mission et sa stratégie. L’enjeu de l’ouverture à l’international des universités japonaises qui semble apparaître comme un des axes majeurs de la politique nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche sera abordée en début de journée. Une seconde partie de cette visite sera consacrée à la recherche. Les trois laboratoires visités successivement ouvriront un panorama des courants de recherche dans les domaines de la physique et des sciences médicales. Au-delà, la variété des environnements de travail pourra y être perçue. Enfin, deux d’entre eux illustrent la collaboration ancienne et étroite entre l’université de Tokyo et la recherche française. Ces présentations et visites de laboratoires permettront de mettre en lumière les relations qu’entretient l’université avec les autres institutions de recherche et particulièrement les acteurs économiques. Une rencontre avec des représentants du Tōdai Technology Licencing Organization permettra de découvrir les outils de soutien à la valorisation de la recherche et au transfert de technologie que l’université a su développer.

RISQUES, CATASTROPHES NATURELLES ET RESILIENCE

Le Japon, dans son histoire et sa géographie est un pays qui a connu nombre de catastrophes naturelles, technologiques, économiques ou géopolitiques, dont l’une des plus grandes a été le tsunami et l’accident de la centrale nucléaire à Fukushima en mars 2011. La capacité de résilience du pays a suscité nombre d’études et de retour d’expérience. Une table ronde réunira trois points de vue sur l’accident de Fukushima, crise technologique, économique et sociétale qui a eu des impacts considérables sur les populations locales, la production d’électricité de l’ensemble de l’archipel, sur le rejet de la technologie nucléaire par l’opinion au Japon, mais aussi dans certains pays tel l’Allemagne qui a arrêté son programme nucléaire. Par ailleurs, la gestion de cette crise a donné lieu à un ensemble d’audits et de mesures de renforcement de la sûreté en France et dans de nombreux pays. Au cours de cette séquence, on abordera la notion d’aléas, de vulnérabilité, d’exposition, d’impact et de résilience. Si les quatre premiers concepts sont relativement aisés à définir, la notion de résilience est un terme polymorphe beaucoup plus difficile à cerner. Une définition en a été donnée sous l’égide de l’ONU trois ans après la catastrophe de Fukushima dans le cadre d’action de Sendaï 2015–2030. Dans ce cadre, il a été défini quatre priorités : la compréhension du risque et le renforcement de la culture du risque, le renforcement de la gouvernance du risque de catastrophe, l’investissement dans la réduction des risques de catastrophes, le renforcement de la préparation pour une réponse efficace et une meilleure reconstruction. Les questions touchant à la prévention, à l’ensemble des processus ayant conduit à la catastrophe et à la gestion des crises seront abordées.

Mercredi 5 avril 2017

TSUKUBA : NOUVELLE VILLE UNIVERSITAIRE

La ville nouvelle de Tsukuba, dénommée City of Science and Nature, a été construite au début des années 1960. Le site a accueilli l’Exposition internationale de 1985. Cette cité s’inscrit dans la constitution de zones industrielles dans le Pacifique après la deuxième guerre mondiale, suivi d’un plan cadre de développement territorial en 1962 pour le développement régional ainsi que dans la loi pour la promotion des zones industrielles high-tech de 1983 à 1998 et enfin plus récemment dans la constitution de clusters, soit orientés industrie sous la tutelle du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI), soit orientés connaissance sous la tutelle du ministère de l’Education, de la Culture, du Sport, de la Science et de la Technologie (MEXT). Tsukuba réunit une université, des centres de recherches publics et privés et des entreprises, soit au total une soixantaine d’institutions. L’objectif de la visite à Tsukuba est de profiter de cette concentration de centres de recherche et d’entreprises sur la robotique et les nanotechnologies, pour rencontrer les responsables du National Institute of Advanced Industrial Science And Technology (AIST), des laboratoires de robotique et de nanotechnologies et la structure de valorisation. Ces diverses rencontres illustrent la variété des liens entre recherche et entreprises promue par le gouvernement actuel et l’état de la recherche sur la robotique et les nanotechnologies.

ENTREPRISES FRANÇAISES IMPLANTE

ENTREPRISES FRANÇAISES IMPLANTEES AU JAPON :
ENJEUX ET SPECIFICITES DES RELATIONS FRANCO-JAPONAISES
Nous avons invité des représentants d’entreprises françaises implantées au Japon pour partager leur expérience. Nous pourrons sans doute mieux cerner ce qui motive ces entreprises à installer des centres de recherche, à conclure des partenariats, à observer des innovations et des usages. De manière plus générale, nos invités pourront nous parler des particularités culturelles du travail au et avec le Japon.

Jeudi 6 avril 2017

Vendredi 7 avril 2017

jeudi 30 mars 2017, par HUCHERY Mélissa