Concevoir et construire des systèmes biologiques aux fonctions nouvelles, robustes et stables, tel est l’enjeu de la biologie de synthèse. Cette évolution de la biologie peut être comparée à celle de la chimie, dont les développements anciens, avec la chimie de synthèse, et récents, avec la chimie supramoléculaire, ont montré sa capacité à construire des systèmes dynamiques capables d’exercer des fonctions de reconnaissance, d’adaptation et d’évolution.
Aujourd’hui, au carrefour de la chimie, de la biologie, de la physique et de l’informatique, des chercheurs croisent leurs savoirs pour explorer plus avant le vivant, concevoir des systèmes biologiques standardisés, doués de fonctions spécifiques. La recherche la plus fondamentale croise désormais l’ingénierie et les biotechnologies. Mais ce domaine, où l’échec côtoie le succès, suscite de l’inquiétude et, d’ores et déjà, Etats et ONG ont commencé à proposer des mesures de sécurité, des cadres éthiques, des lois. Les abus de médiatisation, le discours « survendeur » (hype), sur le pouvoir de créer de nouveaux organismes, de scientifiques en quête de financements et les enjeux commerciaux sous-jacents contribuent à ce climat de méfiance. Derrière ce discours de puissance de la biologie, quelle est la situation réelle ?
La session s’attachera à prendre la mesure des recherches en biologie de synthèse et à comprendre la démarche des scientifiques.
Elle abordera les développements industriels actuels et futurs et leurs implications en termes de normes et de législation.
Enfin, elle proposera un ensemble de réflexions sur les implications éthiques et sociales de cette nouvelle biologie et de ses perspectives.
Marie-Françoise CHEVALLIER-LE GUYADER
Directrice de l’IHEST
au sommaire
La biologie de synthèse : ouvertures et limites d’une révolution scientifique
Antoine DANCHIN, professeur honoraire à la Faculté de médecine Li Ka Shing de l’université de Hong Kong, président d’AMAbiotics SAS
Les enjeux économiques et juridiques
Stéphanie LACOUR, chargée de recherche au Centre d’études sur la coopération juridique internationale (CECOJI, unité mixte de recherche CNRS/université de Poitiers)
Gilles RAVOT, président directeur général de Protéus
Françoise ROURE, présidente de la section « Technologies et société », Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET)
Quelle démarche éthique ?
Alexei GRINBAUM, chercheur au laboratoire des recherches sur les sciences de la matière (LARSIM), Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)
Geneviève FIORASO, députée de l’Isère
Patrick GAUDRAY, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à l’université François Rabelais de Tours, membre du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé
Muriel MAMBRINI-DOUDET, présidente du Centre de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) de Jouy-en-Josas, ancienne auditrice de l’IHEST
Dominique VERMERSCH, professeur d’économie publique et d’éthique, Agrocampus Ouest, membre du Comité consultatif commun d’éthique pour la recherche agronomique
Alain FISCHER, professeur de pédiatrie à l’université Paris Descartes, chef du service d’immunologie et d’hématologie pédiatriques de l’hôpital Necker-Enfants Malades