Risques et sécurité constituent l’une des grandes composantes des rapports entre la science et la société, et la session permettra de l’approfondir en abordant deux questions : la stratégie déployée par la France, et son articulation avec celles des autres États, face au risque de pandémie de grippe aviaire, et les questions éthiques soulevées par les crises pandémiques.
Les succès de la médecine du XXe siècle avaient relégué la crainte des épidémies au passé dans les pays industrialisés. Le choc épidémique de Sida a réveillé cette crainte dans tous les pays, quelque soit leur niveau de développement. Depuis cette pandémie, la survenue de nouvelles maladies, dites émergentes, se succède à un rythme croissant (SRAS, vache folle, grippe aviaire, chikungunya...). C’est au début des années 1990 qu’apparaît le concept de sécurité sanitaire, et que les relations entre la science et la société commencent à opérer leur transformation. L’innovation institutionnelle que constituent les Agences, dont le rôle et la place dans le paysage sanitaire ont été abordés au cours de la session 6 consacrée aux produits phytosanitaires, s’inscrit dans ce contexte récent de succession de crises sanitaires graves. La santé, dont l’administration a relevé pendant des décennies du corps médical, a été réinvestie par l’Etat et les nouveaux acteurs que représentent les associations de malades et fondations.
Après une introduction générale sur les maladies émergentes, la session abordera le plan gouvernemental de lutte contre la grippe aviaire. Ce plan, initialement confié au secrétariat général de la défense nationale, a été rendu public en 2005. Comment s’élabore une stratégie de lutte contre une maladie en émergence qui ne connaît pas les frontières, comment cette stratégie se coordonne-t-elle à celles des autres pays ? Comment se gèrent les incertitudes scientifiques ? Au-delà de la gestion sanitaire, comment les impacts économiques et sociaux engendrés par une probable désorganisation générale sont-ils intégrés à la planification ? Comment gérer la situation dans les pays en voie de développement ? De nombreuses fondations et associations œuvrent en faveur des pays du sud, et font le pari de l’innovation pour lutter contre les épidémies. La manière dont l’une de ces fondations s’implique dans la recherche et l’innovation et collabore avec les divers acteurs concernés par les épidémies, notamment dans les pays du Sud, sera présentée.
L’importante mobilisation des associations de malades dans la lutte contre le sida, qui a conduit à de nombreux changements et acquis, a impulsé une nouvelle approche de la santé publique également. Leur implication dans le paysage sanitaire sera abordée au cours d’une table ronde réunissant différents acteurs impliqués dans la santé publique et l’éthique. La pandémie représente un risque particulier en touchant au cœur même des relations entre les citoyens mettant en cause par sa globalité tous les ressorts de la société. L’anticipation du risque de pandémie suscite ainsi des questionnements éthiques qui seront abordés au travers de la table ronde réunissant éthicien, philosophe, chercheur, association de malade et journaliste. Ethique de l’accès au soin, veille scientifique, veille sanitaire et alerte, éthique de l’information, limitation des libertés individuelles... s’inscrivent dans le cadre de cette table ronde.
Une partie de la session sera consacrée à la préparation du voyage d’étude aux États-Unis avec des présentations traitant du système public d’enseignement supérieur, des partenariats privé-public et de l’innovation, et des aspects géopolitiques généraux.